03.03.2008
Doux leurre
Visite chez l’ostéo, je ne suis à nouveau plus que douleur depuis quelques jours.
Je suis venue chez elle cette fois, il y a un étage, Bernardo m’accompagne, me porte dans les escaliers.
Table
Me voilà raide comme une buche dans un hamac, tendue, nouée. Les 15 premières minutes sont terribles, à m’en faire péter les larmes des yeux, ça ne veut pas lâcher, certains points sont juste en feu, des orteils jusqu’à la peau du crâne. Elle lutte, assouplit, essaie au moins, mais les tensions sont comme bloquées, et puis d’un coup la douleur devient insupportable, on continue la séance assise, je ne peux plus me coucher … l’insoumise pointe son nez … il me faudra réfléchir à ce sujet …
Et puis en toute fin de séance elle me dit que mon foie est en cause et plus profondément le rein droit … la bile et les filtres … trop de soucis, trop de colère rentrée, la machine sature un peu, qu’il faudrait que j’apprenne le lâcher prise …
Le lâcher prise, ces mots tournent dans ma tête alors que je suis sur le chemin du retour, lâcher prise, le lâcher prise alors que je veux être partie prenante, ne pas être indifférente, être différente. Voilà je veux qu’on me reconnaisse dans ma différence, je ne veux pas être comme tout le monde, car le comme tout le monde n’existe pas et que moi je ne veux pas être rien, je veux être moi, pas celle que l’on voudrait que je sois, et moi pour le moment je suis en colère, en lutte contre le formatage, l’insoumise est là. Je ne suis peut-être pas debout mais je ne suis pas couchée pour autant, arc-boutée mais en colère de devoir l’être. Pas dans le moule et pas de génuflexion dans mon horizon alors quel est donc ce lâcher-prise libérateur ?
Chaque jour enlever une écaille du masque que les années ont collé à notre vrai visage, avec force et vigueur pour les premières couches puis avec patience et douceur pour ne pas abîmer la peau mise à nue qui frissonne ainsi découverte et puis un jour se dire qu’il y a plus d’écailles enlevées que d’écailles restantes et accepter d’en garder quelques-unes, serait-il là le lâcher-prise ?
Doux leurre ... comme un mensonge à moi-même. Le poids de la dernière écaille ne sera t'il pas trop lourd encore car j'aurai alors oublié le poids du masque.
23:20 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : douleur, dos, mal, lâcher, femme






















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Commentaires
Marie, que dire face à cette souffrance ? Lâcher prise, oui même si c'est pas facile, et facile à dire... je n'ai pas de mots, juste te dire combien j'aimerai être auprès de toi, alors j'y suis en pensées... et ma petite Marie, va falloir t'accrocher tu vas recevoir un coup de fil dans les jours prochains... avec un super accent bordelais.. je pense à toi fort et je t'embrasse aussi fort.
Ecrit par : laurence | 04.03.2008
Marie une fois encore, une fois de plus tout tes mots et tes maux me touchent au fond de moi. Lacher prise, il faut en passer par là pour justement, enfin je crois, retrouver notre identité, notre véritable "moi". La souffrance de notre corps révèle au grand jour celle de notre intérieur (appelle-le comme tu veux)... La transition n'est pas facile, elle est même parfois très douloureuse, mais elle est nécessaire justement pour être vraie et non pas cachée derrière un masque que l'on porte par convenance, habitude ou facilité.
A tout bientôt et plein de big bisous ma belle.
Ecrit par : Béatrice | 04.03.2008
Chère insoumise, j’ai appris en dépit de tout, à visiter gaiement le lieu mes souffrances et de mes douleurs, ce paysage plein de mystère, figé, immobilisé dans le crépuscule de ma pauvre pensée créatrice, chaque jour, j’ai la chance de voyager. Fiévreusement, j’ai bravé tous les vents de la colère, j’ai calmé en moi cette rage de possession de la santé parfaite, j’ai compris moi l’insignifiant qu’il me fallait me quitter brusquement, ne plus me posséder. Les liens de la colère qui m’oppressaient se sont rompus comme le pain que l’on partage entre amis, aujourd’hui bien que grand malade, je suis fort, parce que désormais je suis libre, je me sens fort, et je porte en moi tous les espoirs, oui tout m’appartient, j’ai compris que la vraie richesse était à l’intérieur de chacun. Certes, on ne caresse pas la douleur physique comme on caresse un visage, et cette sensation de mal ne se dissout pas comme le sucre dans l’eau au fond d’un verre. Je voudrais bien poser la valise parfois, même cela ne m’est pas permit, et si je n’avais pas cru, ni espéré, crois tu chère insoumise que je serais là à te parler ? Je suppose qu’il te faudra un minimum de foi pour gérer ton angoisse face à la violence de tes douleurs …
Pat ....*
Ecrit par : Patlesarthois | 04.03.2008
Sur ce blog, pourquoi tant de douleur pour exprimer tant de beauté?
A tous mes bisous là où vous avez mal.
Michel
Ecrit par : Michel | 04.03.2008
Je sais marie comme il est difficile de parler, de sortir de ses tripes tout ce qui ne va pas enfin au moins une partie. Je me doute que tu ne peux pas car tu ne veux pas créer de soucis complementaires mais finalement c'est toi qui trinque, c'est toi qui te rends malade la preuve ton corps te laisse en juger.Tu sais je suis là si tu veux parler même si tu veux je te tel.Tu comptes beaucoup pour moi alors si tu ne le fais pas pour toi pour qui le feras tu???
Ecrit par : nathalie | 04.03.2008
Fiona a dit "faut pas faire ami avec les tracas fâcheux". Quand les tracas fâcheux sont là il faut bien en faire quelque chose, les dompter serait la maîtrise, les apprivoiser serait peut-être plus intelligent et vivre avec dans une cohabitation forcée mais non agressive permettrait alors de grandir, d'en faire quelque chose, de voyager dans un paysage rare que tous ne connaissent pas. Souffrir serait une chance ? Non, mais savoir la transcender oui, une chance ou un choix. C'est bien ce choix que tu as fait Pat ? Ne faut-il pas craindre alors de faire ami avec les tracas fâcheux et de n'être plus qu'au travers de ces souffrances ouvrant à nous ces paysages sublimes et dangereux créant ainsi une nouvelle soumission ?
Je n'ai pas la rage de la possession de la santé parfaite : j'ai oublié ce que c'était, on ne peut pas vouloir ce qu'on ne connaît plus. Mais il me faut sans doute accepter qu'elles sont peut-être là, ces vilaines tigresses, pour un temps indeterminé.
Michel, merci pour tes bises, pourquoi tant de douleur ? pourquoi faudrait-il qu'il y ait un pourquoi ?
Nath, tu sais comme moi que chèvre, choux, nous ne pourrons pas tout ménager, il faut choisir. Je n'ai pas encore choisi, le dilemme est de taille.
Béa, à dimanche ma belle, pour moi lâcher prise résonne encore trop comme abandon pour que j'y arrive, que je (me) laisse aller. Un jour peut-être.
Laurence, alors j'attends ton appel ;o)
Ecrit par : justmarieD | 04.03.2008
toi, formatée...laisse moi rire !
tu peux sans doute lacher prise à la douleur pour essayer de la soulager...cela ne voudra pas dire pour autant que tu as baissé les bras...les personnes de ta trempe sont comme le roseau : elles plient mais ne cassent jamais ; lache prise pour calmer ta douleur, tu pourras repartir de plus belle dans tes combats...et nous serons tous là pour te suivre...
Ecrit par : lea | 04.03.2008
Ma chère Marie, j'ai été béni des Dieux dès mon entrée dans cette vie, j'ai reçu tant de coups, ma cheville droite chaque jour me rappelle la violence gratuite de mes bourreaux, la nuit me fait peur toujours à mon âge, souvenir du placard, admirable je te dis, mon estomac radio-actif me rappelle l'Institut du Cancer Gustave roussy ( 1961/1975) les rayons cobalth60 sous cache de plomb ça pardonne pas, un régal je te dis, et tout mon côté gauche qui perturbe mon équilibre psychique, une joie sans pareille je te dis, et ces douleurs prochent de la carie dentaire, une joie je te dis, oui ma chère insoumise, quand j'évoque ce mot de maîtrise je sais de quoi je parle, et quand je fais le bilan et que j'y ajoute qu'ils m'ont tous abandonné à l'âge de 1 an et demi alors je pense être la personne sans doute la mieux placée pour te parler de l'espérance. Il faut que tu gères la douleur physique ma petite cocotte, mais surtout la blessure de l'âme qui est celle qui demande le plus d'attention, alors Marie, tu vas me dire mon Pat la vie est belle ? oui, oui, oui la vie est belle, remémore toi les mots de Fiona ....
Pat ...
Ecrit par : Patlesarthois | 04.03.2008
"toi, formatée...laisse moi rire !"
Merci léa pour le grand sourire que j'ai eu en lisant cette phrase :o)
Ecrit par : justmarieD | 04.03.2008
Lâcher-prsie : c'est l'expression à la mode. Les soignants du corps et de l'esprit, tous parlent du lâcher-prise. Pour moi, ça ne signifie rien de positif. Au contraire...........
Acceper ses douleurs et apprendre à vivre avec: ceci n'a rien du lâcher -prise. C'est un travail long et difficile mais nécessaire.
Pour le reste, moi je ne vuex rien lâcher. La rage de me battre je veux la garder...............
Ecrit par : Elphe | 04.03.2008
Evidement qu'il ne faut jamais lâcher prise, mais il faut aussi savoir ou sont les limites dans le refus de l'acceptation de son état de santé, quel choix auriez vous sinon celui du suicide ! se palindre n'est pas dire geindre, j'aime ceux qui se plaignent lorsqu'ils souffrent, mais je refuse ceux qui pratique le geindre ....
Pat ...
Ecrit par : Patlesarthois | 04.03.2008
Oui Pat mais il y a notre propre refus (donc notre acceptation) et le refus de ceux qui nous entourent ..
Je n'irai pas jusqu'à me plaindre car il me semblait l'avoir évité dans ce message, je n'ai fait que vous dire (et c'est déjà énorme) que je souffrais et m'interroger sur ce lâcher-prise qu'on me présente presque comme un remède miracle. Je préfère le sens que tu lui donnes dans "renoncer à vouloir ne pas souffrir" que dans cette forme d'abandon des luttes contre les injustices et incohérence de ce monde qui frise l'indifférence qu'on me propose, qu'on m'impose presque. ... j'ai dit presque :))
Ecrit par : justmarieD | 04.03.2008
Ma méthode et j'espère que l'as comprise n'est pas dans le refus, et encore moins dans l'aceptation, mais dans l'indifférence à mon état de santé, je suis bien trop en rebellion pour cela, et se plaindre est légîtime ma cocotte, c'est geindre qu'il ne faut pas faire, et quand à l'entourage, il y a bien longtemps que je distingue les brebis à la meute de loups. Moi je me suis détacher de tout ve qui m'agresse, j'ai renoncé comme tu le dis si justement à tout ce qui pourrait influencer ma capacité d'acceptation, il y a bien logtemps que je me contente d'être, et non plus d'exister, exister demande une charge émotionnelle trop forte, et cela pourrait tarir la souce d'espérance à laquelle je tâche de m'évertuer chaque seconde de ma pauvre existence, j'ai aussi cette chance d'avoir lla foi civile et religieuse, ce qui n'est malheureusement pas donner à tout le monde ...
Ecrit par : Patlesarthois | 04.03.2008
"Moi je me suis détacher de tout ve qui m'agresse, j'ai renoncé comme tu le dis si justement à tout ce qui pourrait influencer ma capacité d'acceptation"
c'est bien là que le bât blesse ...
Ecrit par : justmarieD | 04.03.2008
Explique moi Marie ...*
Ecrit par : Patlesarthois | 04.03.2008
Je crois que tout est lié à la symbolique de la mort, refuser de mourir, mourir à tout ce qui te fait souffrir, mourir à la douleur, mourir tout simplement, j'aurais pu envisager le suicide à un moment de ma vie, même cela je ne le puis car être mort sans pouvoir mourir ce n'est pas se détacher de cette agression de la mort. J'ai compris il y a longtemps qu'il ne fallait pas se réincarner dans ses souffrances et ses douleurs, sans doute mourir c'est entrer dans la vie ?
Pat ...*
Ecrit par : Patlesarthois | 04.03.2008
Tu dis que tu t'es détaché de tout ce qui pouvait affaiblir ta capacité d'acceptation : est-ce que celà implique également des personnes ?
Je n'irai pas plus loin dans mes explications "publiquement" mais si tu veux on en parle en mail ...
Biz
Marie
Je reviendrai sur ta discussion autour du suicide c'est un sujet qui mérite d'être traité ...
Ecrit par : justmarieD | 04.03.2008
Oui Marie, cela implique les personnes, et l'homme de foi que je suis applique le secouement des sandales. Quand j'étais petit j'étais immortel, et je ne comprenais pas encore que l'on ne mourrait pas totalement, et je le vérifie nettement aujourd'hui, je pense tout naturellemnt à mon père nourricier qui est décédé en août 2005 après de terribles souffrances et douleurs. Cet homme qui avait une foi inébranlable en moi, c'était libéré des chaînes de la douleur, si bien qu'il est mort comme programmé, il n'est pas mort dans le sens propre du terme, j'ai vu cet homme s'éteindre, et si il s'est éteint c'est bien qu'il brillait, et si il brillait,c'est qu'il était une lumière ...*
Oui tu peux me prendre en mail ou skype
Pat ...*
Ecrit par : Patlesarthois | 04.03.2008
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