17.10.2011
Pleine solitude
Une envie d'écrire comme on déciderait soudain d'enlever la vieille souche au milieu de la pelouse.
Pelouse qui n'en a plus que le nom, la sécheresse a eu raison d'elle, la terre aride craquelle sous le chiendent et les épines du grand pin.
Le jardin est pétrifié, poussiéreux d'été, feuilles mortes en charpie rousse, roses séchées en bouton.
Et la terre pourrait boire un fleuve.
Elle attend, espère, aspire, voulant voir promesse de pluie dans le moindre nuage, cherchant le bon sens au vent et aux alouettes.
Puis comme une évidence que l'eau ne viendra pas du ciel.
Dedans, dessous, là, puiser la source aux racines, rentrer les plantes, tirer les rideaux, quelques vieilles branches pour une flambée. L'été est passé, la soif est restée.
Alors, mesurer les réserves et décider d'attendre, le père Noël ou la Saint Glinglin, les hirondelles qui ne font plus le printemps et que les chiens cessent d'aboyer ma lourde caravane.
Seule.
Boire cette étrange liqueur. Jusqu'à en être saoule. Occuper tout l'espace. Endosser tour, à tour, tous les rôles. Crier, chanter, pleurer, dormir et rire, ivre de trop de rien, être partout et à personne. Seule.
La solitude comme une essence. Rare, précieuse, puissante et belle.
Du bout des lèvres la chuchoter, l'écrire du bout des doigts. Et se laisser bercer dans son étrange silence, chercher la sève sous l'écorce, à s'en arracher les ongles pour ne pas oublier d'être vivant. Se tarir le coeur pour qu'il se taise enfin, puis, le baigner dans ce baume brûlant pour qu'il ne soit plus qu'un. Ça vous lave les yeux M'sieurs Dames, ça vous décape la cervelle pour pas cher, sans danger sur toute surface, c'est à l'intérieur que ça décrasse. Hoqueter les restes de vieux poisons, passer les circuits à l'acide clair des envies nouvelles, seule.
Pleinement seule.
Ecrire.
23:08 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : divorce, famille, solitude, pleine |
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Commentaires
Ces mots si beaux, je n'y toucherai pas. Même pas du bout des doigts.
Je t'embrasse Marie.
Écrit par : Joyce | 18.10.2011
Répondre à ce commentaireDu bout des lèvres la chuchoter, l'écrire du bout des doigts.
tout au fond de ton coeur, elle fait fleurir la douceur.
je t'embrasse
Écrit par : naik | 18.10.2011
Répondre à ce commentaireLa solitude nous pousse effroyablement à nous regarder, à nous apprendre, à nous comprendre, à nous laver du superflu pour enfin nous amener, un beau matin, doucement, à déchiffrer le monde qui nous entoure, à voir l’imperceptible et à accepter l’insaisissable…
Écrit par : Patricia | 18.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : derocher | 19.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fil | 27.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ariane | 28.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : nathalie | 31.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : laurence | 03.11.2011
Répondre à ce commentaireMerci.
Écrit par : frouche | 05.11.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : frouche | 05.11.2011
Répondre à ce commentaireà bientôt peut-être Frouche
Écrit par : justmarieD | 06.11.2011
Répondre à ce commentaireMais quel beau texte ! Je n'ajouterai rien de peur de le voir dénaturer le sentiment qu'il m'a laissé. La beauté des mots naît souvent de la douleur.
Je t'embrasse
Écrit par : sitingbull | 11.11.2011
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