17.10.2011
Pleine solitude
Une envie d'écrire comme on déciderait soudain d'enlever la vieille souche au milieu de la pelouse.
Pelouse qui n'en a plus que le nom, la sécheresse a eu raison d'elle, la terre aride craquelle sous le chiendent et les épines du grand pin.
Le jardin est pétrifié, poussiéreux d'été, feuilles mortes en charpie rousse, roses séchées en bouton.
Et la terre pourrait boire un fleuve.
Elle attend, espère, aspire, voulant voir promesse de pluie dans le moindre nuage, cherchant le bon sens au vent et aux alouettes.
Puis comme une évidence que l'eau ne viendra pas du ciel.
Dedans, dessous, là, puiser la source aux racines, rentrer les plantes, tirer les rideaux, quelques vieilles branches pour une flambée. L'été est passé, la soif est restée.
Alors, mesurer les réserves et décider d'attendre, le père Noël ou la Saint Glinglin, les hirondelles qui ne font plus le printemps et que les chiens cessent d'aboyer ma lourde caravane.
Seule.
Boire cette étrange liqueur. Jusqu'à en être saoule. Occuper tout l'espace. Endosser tour, à tour, tous les rôles. Crier, chanter, pleurer, dormir et rire, ivre de trop de rien, être partout et à personne. Seule.
La solitude comme une essence. Rare, précieuse, puissante et belle.
Du bout des lèvres la chuchoter, l'écrire du bout des doigts. Et se laisser bercer dans son étrange silence, chercher la sève sous l'écorce, à s'en arracher les ongles pour ne pas oublier d'être vivant. Se tarir le coeur pour qu'il se taise enfin, puis, le baigner dans ce baume brûlant pour qu'il ne soit plus qu'un. Ça vous lave les yeux M'sieurs Dames, ça vous décape la cervelle pour pas cher, sans danger sur toute surface, c'est à l'intérieur que ça décrasse. Hoqueter les restes de vieux poisons, passer les circuits à l'acide clair des envies nouvelles, seule.
Pleinement seule.
Ecrire.
23:08 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : divorce, famille, solitude, pleine |
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03.07.2011
A mon rythme
Entre deux jours il y a la nuit.
Entre deux souffles il y a le vide.
Entre deux, et un, il y a l'infini.
Entre deux moi il y a le manque d'un autre.
Entre deux moi il y avait moi
Parce qu'il me fallait du temps pour me reconnaître
Un temps qui est le mien et pas celui d'autres êtres.
Pour tout ce qui est inscrit en moi, d'hier à cet instant
Ce que je sais, ce que je crois, ce que je comprends,
De toutes mes forces à mes faiblesses
De mon courage à ma paresse,
De mes peurs à mes envies,
De la peine à la joie,
Il y avait moi.
Et mon rythme de vie.
Je suis un animal à inertie lente, mais une fois lancée ...
Accrochez-vous, les amarres ont largué le navire :)
02:20 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rupture, séparation, divorce, changement, rythme, femme, seule |
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06.05.2009
Vie de chiotte ?
A vos avis ?
Une campagne de guérilla marketing, au bureau les premiers avis viennent de tomber (enfin surtout le mien :) )
Mon avis dans l'ordre :
Le décorateur a vraiment des goûts de chiottes ...
J'en ai un peu marre qu'on utilise le handicap pour faire peur, la punition suprême pour les bad boys qui aiment un peu trop les brunes (les bières brunes of course, what else ?)
M--de (tiens c'est le ca(ca)s de le dire) c'est pas un châtiment non plus, alors ils ont fait quoi de mal les SEPiens ?
De quoi améliorer le regard sur le handicap ? ces chaisards tous des pochetrons, si ça trouve il a écrasé une petite vieille sur un passage piétons ...
Bon sinon le gars bourré qui s'assoit dessus il trouve ça cool pour rentrer chez lui et on le retrouve au matin les mains usées jusqu'au coude ... matériel de m---e ;)
Ah j'oubliais que pour certains c'est un moment de grande réflexion .... bah alors pourquoi pas ;)
14:28 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerilla, marketong, fauteuil, toilettes |
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09.04.2009
Rendez-vous avec le temps
Il est arrivé si vite, le voilà, désoeuvré, à tourner en rond dans d'autres espaces.
"Je vous écoute," lui dis-je, "dites-moi tout !"
"Tout, tout, je me sens vide, je n'ai le temps de rien et tout va de travers"
"Levez le pied" lui dis-je et en un rien de temps, tout marchera droit et en rythme !
"Lever le pied mais comment ?" s'interroge le temps
"ma foi, levez les pieds, allongez-vous, là sur le divan"
Alors le temps s'est allongé, tout étendu là, il s'exprime, il s'étire, si calme, plein de vide.
"c'est bon" souffle t'il, tout étonné de ne rien faire sauf être.
Je me détends peu à peu, c'est que ce temps si pressé m'avait mis la pression.
Mais à peine a t'il le temps d'être que le voilà qui file, il brode, et s'additionnant à lui même s'invente au présent des histoires d'hiers et de demains, des histoires à dormir debout comme dans un rêve éveillé pour inventer de nouveaux aujourd'hui.
"Hé oh ... dis donc, vous devriez faire une pause de temps en temps"
"Je le fais" dit-il mais les pauses sont au temps ce que le silence est à la musique, elles parlent le même harmonique langage sur la même portée, elles sont le coffre et le relief, le délié du plein, la continuité du moi étendu" disant cela le temps mesure qu'il est déjà midi vingt,
"allez" dit-il en regardant sa montre, "je passerai un de ces jours"
"Comme d'habitude" lui dis-je amusée, tu t'arrêteras bien quand tu veux !

12:20 Publié dans A consommer sans modération, A vos agendas !!, Au-delà du possible, Ce temps qui passe, Infiniment femme, M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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12.03.2009
A écrire pour écrire
A écrire pour écrire je choisis d'être tendre, libre et offerte.
Chaque jour comprendre un peu mieux l'autre et soi-même, comme la vie serait vaine sans cette découverte infinie car sans cesse renouvelée.
Vouloir aimer, vouloir être, pour l'autre, exister dans le tout, infinie solitude, unique, unie, éternelle et magique.
Aller au-delà de toutes les limites, jusqu'à les perdre de vue. Petits repères illusoirement fixes dans l'immense mobilité, petites certitudes dans l'infinie probabilité du hasard.
Redevenir ce que nous avons toujours été, une adorable et minuscule partie du grand ensemble, capable de grandeur et de beauté, dotés que nous sommes d'un pouvoir créateur.
14:20 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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04.03.2009
Vile haine
seulement les 30 premières secondes ... ah les rats !
http://www.deezer.com/track/817239 parce que deezer veut faire du trafic ... rendez-nous radioblog !!!
Sur mon chemin il y a eu la colère.
Celle que je portais comme un incongru bagage, héritée de victimes du passé, humanité bafouée de mes ancêtres, le silence au service de la honte et de convenances aujourd’hui condamnées. Une colère sourde et aveugle, une colère sans nom et sans visage et si j’en ignorais la cause, j’en vivais les effets, pantin obéissant aux mains d’un dictateur. Le jour où, à la lumière du secret révélé, j’ai compris qu’elle n’était pas mienne je me suis libérée de ce fardeau.
Puis il y a eu des colères, des rebellions, des résistances, liées au destin, au sort, aux autres, aux limites, aux injustices, à l’existence, avant de comprendre que nous choisissons. Alors la colère s’est éteinte. Oh c’est sûr qu’en-dessous se cachaient d’autres combats : la peur, la tristesse, l’abandon, tout ce qui nous fait courber la tête mais de colère plus, ou si peu, ce qui pour moi ne veut pas dire la soumission, bien au contraire.
Alors, quand par deux fois, en quelques jours, des personnes qui, je le pensais, me comprenaient, m’ont attribué de la haine, une ancienne blessure s’est réveillée. Une ancienne blessure et un nouveau combat, celui d’obtenir le droit d’aimer mon humanité telle que je la vis, celui de vivre mon état sans haine, sans reproche, sans jalousie, sans regret. Est-ce si difficile à admettre que l’on puisse vivre mon chemin sans laisser germer en mon cœur de la haine ?
Je ne dis pas que c’est facile, c’est un ouvrage que je remets sur le métier chaque jour, chaque jour j’interroge l’observatoire de ma gouvernance, relis les anciens textes au bas desquels j’ai signé de mon sang, « je me fais la promesse de ne jamais être aigrie » daté de l’an 1980 car j’ai vite compris que le vrai mal était là, le vrai mal c’est le comportement que j’aurais pu choisir d’adopter comme une sentence fatale « malade tu es, méchante tu seras » une condamnation à l’aigreur, l’acide et la haine.
Aujourd’hui je sais qu’il me faudra, en plus, admettre que certains feront le choix de s’arrêter à ce qui les arrange de penser de moi. C’est leur choix, leur chemin.
Je n’ai qu’une parole : je n’ai pas de haine, n’en ai jamais eu, je n’en connais ni la couleur, ni l’odeur, ni la forme, ni le goût, la haine n’a pas sa place dans ma maison, la haine est un poison et sa morsure est létale pour celui qui la laisse naître. Alors, avant de penser de quelqu’un qu’il porte et envoie de la haine, demandez-vous si cette personne tient à la vie.
08:37 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (42) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : haine, vie, malade, destin, choix, femme |
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30.01.2009
Par dessus mon épaule
Elle vient toujours à l'improviste.
Mais dans des circonstances bien particulières.
Quelques semaines qu'à nouveau la douleur me martèle.
Et c'est comme si pas un seul milimètre de chair ne pouvait échapper à l'épreuve.
Pas une seconde non plus.
Entre pointes et lances.
Dans le fond et la forme.
Des orteils au crâne.
Je ne suis que douleur.
Diurne.
Nocturne.
Indéfinie.
Infinie.
C'est alors qu'elle s'invite.
Je sens sa présence soudaine si vite confirmée par ce frisson qui me parcourt l'échine.
A la pointe de ma détresse charnelle je la sens penchée derrière moi, regardant l'avenir assombri par dessus mon épaule.
Elle est assise à côté de moi sur le canapé quand, le soir venu, je cherche un peu de répit au corps.
Je ne tourne pas la tête, je la sens du coin de l'oeil.
Et quand parfois elle va jusqu'à mettre son bras autour de mes épaules, je retiens mon souffle dans l'étreinte.
Je retiens mon souffle.
Conscience claire de ma fragilité.
Promesse d'une finitude certaine.
Comme une amie étrange.
Toujours à l'improviste.
Découvrez Justin Nozuka!
22:35 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, fragilité, finitude, détresse, physique |
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20.11.2008
Au delà du courage
Rappelez-vous il y a quelques mois j'avais écrit un grand texte sur le courage, la résistance, notre capacité à en avoir ou pas et surtout mes interrogations sur l'au-delà du courage. J'ai pu tester grandeur nature cet au-delà.
Depuis quelques semaines hôm est trés souvent absent pour son boulot plus les quelques challenges toujours plus haut, toujours plus fort qui l'ont conduit au marathon Nice-Cannes et à pratiquer le tennis en équipe donc 5 matchs = 5 dimanches d'absence, j'ai donc largement assumé les 4 Fantastics durant les vacances, puis durant les semaines passées, tout en gérant maison, boulot, RV médicaux des unes, RV et dossiers pour essayer d'obtenir un peu d'aides depuis la suppression pure et simple de mon allocation compensatrice tierce-personne, panne de voiture et de lave-vaisselle, éléctricité qui disjoncte et ... moi aussi !
Quelques tensions plus tard, (chacun fait ce qu'il peut), je me suis retrouvée dans un état physique proche de la méduse, un moral en berne et ... une grosse, grosse semaine de travail devant le nez ... c'était dimanche. Hôm m'a annoncé qu'il partait 3 jours en Corse. Là je me suis dit "ma belle (oui oui je me fais des fleurs toute seule) là ça ne va pas le faire" C'est alors que tout devient incroyablement difficile, rien ne semble plus vouloir aller droit donc tout va de travers. C'est l'impression au petit matin d'avoir, pendant la nuit, fusionné avec le lit, j'ai l'impression de peser 15 tonnes, que devoir lever un bras est même impensable, mon cerveau droit hurle "lève-toi" quand le gauche pleure "je ne peux pas, je ne veux pas me lever, je ne veux plus jamais me lever, je veux qu'on me laisse là, maintenant". Dans ces conditions une tâche somme toute banale même si désagréable pour tout le monde prend des allures de dragon tout droit sorti du gouffre béant des enfers. Pour moi cette semaine mon dragon s'appelait "Conduire dans Marseille mardi matin" et oui nous avons tous nos démons, en voilà un des miens.
J'ai donc passé mon lundi à me dire je vais le faire, non je ne peux pas le faire, il faut le faire, non, non, non je ne VEUX pas le faire parce que ... j'ai mal, je suis fatiguée, je vais casser ma voiture, je suis nulle au volant, les Marseillais conduisent tous comme des malades et que moi ... J'AI PEUR !!!!
Lundi soir j'ai crié un peu sur les 4 Fantastics, me suis couchée tôt donc n'ai pas trouvé le sommeil, essayant de trouver les raisons valables qui pourraient me faire annuler ce déplacement, n'en ai trouvé aucune, me suis endormie lourdement, ai fusionné avec le lit. Dans la tête une petite phrase "ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas les faire, c'est parce que nous n'osons pas les faire qu'elles nous paraissent difficiles"
Mardi matin : 2 grandes Fantastics envoyées à leur collège par le bus, 2 minis Fantastics embarquées dans ma voiture, direction école puis ... puis je ne sais toujours pas si je vais y aller.
Mardi matin : 2 mini Fantastics déposées à l'école, j'allume le GPS ... qui ne s'allume pas ... argh je la tiens mon excuse : moi dans Marseille sans GPS c'est mission impossible ... sauf qu'il s'allume quand même ... je dois avoir la tête d'un condamné prêt à suivre la ligne verte.
J'ai pas le courage.
Qu'est-ce qui se passe alors dans la tête et dans le corps ?
Découvrez Michel Jonasz!
Michel chante "où est la source", je descends en moi, quelques minutes pour me recentrer, - tu as peur parce que la dernière fois que tu es allée à Marseille tu as eu un accrochage ... et alors ? ça arrive à tout le monde, froisser de la tôle n'est pas honteux, tu vas conduire doucement, tant pis pour ceux qui klaxonnent ... là cocotte on parle de ton cher travail que tu aimes, auquel tu tiens pour PLEIN de raisons ... est-ce que tu vas laisser ta peur dicter ta vie ? ... est-ce que tu vas utiliser ton état de santé pour justifier ce manquement ? NON !! et trois fois NON ...
Et alors ??? Et alors j'ai démarré le moteur et je suis partie à Marseille. Peut-être que ça ne relevait pas du courage, il n'y a finalement aucun exploit à faire un aller-retour à Marseille,peut-être que j'ai relativisé juste assez pour que cette action reprenne des allures de "possible". Si celà relève de courage je suis allée au-delà du mien et j'ai découvert qu'après il y a autre chose que je ne saurais nommer, mais il y autre chose et je trouve cette pensée extrêmement réconfortante, pas vous ?
Surtout que j'y retourne la semaine prochaine !!!!
22:11 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : courage, au-delà, plus, force, puiser, marseille |
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12.11.2008
Peau d'âme
Peau d'âme
Aux temps passés te faire danser.
Mille fois d'essais pour un ballet,
Magique pouvoir qu'aimer être.
Jouer de moi au millimètre
Avec toi, ma flûte enchantée,
Mon instrument de beauté,
Ma peau d'âme.
Te retrouver aux matins pâles,
Espérer les possibles, dire adieu aux étoiles.
Te maudire de faiblir chaque lune,
T'aimer encore. Signer tous les accords,
Malgré toi, mon compagnon d'infortune,
Mon souffre-douleur,
Ma peau d'âme.
Quand poussière tu seras,
Chaque grain emportera,
Gloires et victoires insensées,
Plaisirs volés, mots sublimés.
Pour toi mon bateau ivre,
Mon vaisseau fantôme,
Ma peau d'âme.
Découvrez Frédéric Chopin!
11:58 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peau, corps, âme, douleur, danse, mort, vie |
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06.11.2008
A mon corps défendant
Patricia m'a proposé d'exposer quelques textes pour un évènement qu'elle organise au mois de février en Belgique, évènement lié au handicap, plutôt artistique et créatif.
Je vais donc, pour la pemière fois écrire à partir d'un sujet et non pas spontanément comme jusqu'à maintenant. Vous me direz le sujet est vaste puisqu'il s'agit du "corps" tout un programme :)
Alors je vous soumettrai mes copies et vous voudrez bien me dire ce que vous en pensez ...
Voilà donc le premier tout juste recopié puisque je l'ai écrit "à la main dans un cahier" pour le côté charnel sans doute :)
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A mon corps défendant,
Je t'ai haï au moins autant que je t'ai aimé.
Jadis je t'ai paré, t'inventant mille rôles, tantôt princesse ou sauvageonne. Jadis je t'ai apprivoisé, jaugé, dompté. Je t'ai habité comme un oiseau dans son nid, comme la lune dans son ciel, une rivière dans son lit.
Puis un jour elle s'est invitée entre nous, elle a pris les commandes, a changé rêves et jeux.
Tu lui as obéi longtemps, à la lettre, au doigt et à l'oeil, tu m'as cassé les pieds, inventant parfois avec zèle de nouvelles tournures, espèce d'enflure.
Quel couple diabolique vous avez fait ensemble, maladie et corps à mal, si fiers de vos exploits, faisant fi de moi et défiant la médecine.
Je t'ai maudit d'être de tous les records, de tous les effets secondaires et indésirables.
Et puis un jour je t'ai voulu berceau pour des vies nouvelles. J'avais décidé qu'elle ne s'attaquerait pas à ma fécondité, os brisés n'atteignent pas rêves utérins.
Te voilà tout en rondeurs, allourdi et apaisé par la découverte d'un pouvoir créateur et magique. Toi mon corps chéri, épanoui et parfait durant ces longs mois éphémères, effet mère. J'ai retrouvé ma fierté d'être, pour chacune des ces quatre périodes joyeuses de vie à porter.
Toi qui avais fait de moi une enfant malade, tu m'offrais d'être une mère, ce cadeau vaut bien des offenses.
Corps maudit, corps chéri.
Corps prison et auberge de jeunesse.
Corps hôtel de la paix.
Je suis aujourd'hui avocate.
A mon corps défendant.
23:58 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : corps, malade, aimer, réconcilier, haïr |
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22.10.2008
Coeur de guimauve sous pluie d'automne
Découvrez Maria Mena!
Parfum clair du thé brûlant, brun pain d'épices. L'esprit en buée, l'automne fait pleurer les carreaux et chanter la véranda. Le vent voyeur effeuille les arbres et sur ma peau affleure un frisson, nu.Ma joie a fané comme une rose d'octobre et mon coeur de guimauve a retrouvé sa naïve tendresse. Dépouillé de sa cuirasse, écorchure lui vaut lame. Âme nue, se plaindre du frais après avoir traversé le froid polaire, quelle ironie ! Quelle impudique imprudence, quelle folie. Fragilité de porcelaine.
Conscience d'un coeur qui frissonne au souffle à peine exhalé, plaie de vie lui dit vie.
Sur la braise rougeoyante c'est le souffle prudent de l'espoir qu'il faut insuffler. Sous l'angora qui palpite compter les degrés, montée lente du mercure que les souvenirs glacés figent au moindre courant de colère.
Au nom des incendies croire en la flamme vacillante et dans le cocon des mains unies, doucement, doucement alimenter de chaleurs mon coeur de guimauve, juste de chaleurs, jusqu'à en fondre.
15:50 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : femme, automne, coeur, nu, guimauve, pluie |
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08.10.2008
Un jour j'ai prié.
Découvrez Samuel Barber!
La note qui va suivre est une partie intime de moi, un secret, qui a été trop lourd, que les années ont usé. Aujourd'hui suffisament léger pour tenir dans quelques mots, un résumé dramatique d'une vie qui bascule, entraînant avec elle les seaux de béton attachés par erreur à ses pieds, le poids des racines. Cette racine du mal j'ai décidé de m'en débarasser une bonne fois pour toute et la meilleure façon de faire disparaître un secret c'est de l'exposer à la lumière du jour, alors oui je sais la crise financière, oui je sais une partie des malheurs du monde éloigné ou proche et pourtant une fois de plus je vous parlerai de moi, partagée entre crainte et aboutissement normal de ce blog, un blog pour parler de moi ? quelle drôle d'idée, je n'ai rien à dire ... sauf peut-être un lourd secret ... 1° note 24 janvier 2007 à ce jour, 21 mois.
Un jour j'ai prié.
C'est le temps des cordes à sauter, des images et des bon-points. C'est le temps de l'amitié, du loup autour des platanes de la cour de récré. C'est le temps des premiers baisers échangés prés des lilas en fleurs. C'est le temps de la maison neuve qui sent si bon le plâtre et la peinture fraîche.
C'est le temps des demi-pointes et du catéchisme du mercredi. C'est le temps de la messe du dimanche et des premières communions, je vous salue Marie, le seigneur est mon berger.
C'est le temps où j'ai prié.
Chaque soir.
Chaque matin.
Pendant des mois.
Pour être malade.
Notre père qui êtes aux cieux, protégez papa, protégez maman et ma soeur, moi je voudrais juste être malade.
Ainsi commencent trente ans de mon histoire. J'ai dix ans et Dieu m'a exaucée.
Ne me demandez pas pourquoi, à dix ans, quand on aime sa famille et qu'on croque la vie comme une pomme joyeuse.
Ne me demandez pas si je regrette.
Ne me demandez pas ô combien coupable j'ai pu être.
Aux lendemains de ma folle victoire ont suivi trente années de ces pourquoi et impossibles pardons.
Pardon papa, pardon maman, pardon chère grande soeur qui a été longtemps la gardienne de ce lourd secret.
Comment oserais-je me plaindre d'avoir ainsi obtenu ? Non, non pas de psychiatres, ces gens là pourraient tout comprendre, voir la folie, m'enfermer. Au secours j'ai dix ans et ne crois plus en Dieu, comment oublier ces nuits à conjurer le sort que je me suis moi-même jeté? Mais le mental n'a pas la puissance des prières naïves de l'enfance.
Elle ne croit plus en Dieu, quelle ironie, cette petite ne manque pas de culot, la voilà qui rechigne, autant vendre son âme au diable, elle ne sait pas ce qu'elle veut !
A moi les chiens et les loups, mordez douleurs, que s'imprègne dans sa chair le fer rouge de la honte.
Regarde ce que tu as fait, petite bécasse insolente, regarde le désastre, le monde s'écroule autour de toi et c'est de ta faute.
Tu pleures ? Laisse-moi ricaner petite danseuse désossée et sans cervelle !
Je crois que j'ai été pour moi-même, la pire marâtre qu'un enfant puisse avoir. Je me suis torturée pendant des années, croulant sous le poids de toutes les culpabilités que j'ai bien voulues endosser pour expier la faute d'avoir voulu, un jour, être malade et d'avoir réussi.
A tous les enfants, à tous les parents, à tous ceux qui prient : apprendre à prier ne suffit pas, il faut apprendre à prier juste, car Dieu ne distingue pas le bien du mal, Dieu accède à nos désirs, tous nos désirs.
Aujourd'hui je ne demande plus pardon, je me suis pardonnée. Parfois j'entends encore pleurer la petite fille prisonnière de ses corsets et ses sanglots résonnent encore de pourquoi, alors je la prends dans mes bras et je lui dis tout bas "qu'importe les pourquoi, la vie est belle et pleine de victoires, un jour tu comprendras"
A ceux qui ont jugé, jugent et jugeront je n'ai rien à dire, est-on libre de penser à dix ans ?
00:54 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : force, prière, pouvoir, enfance, maladie |
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02.10.2008
Fil de lune
Je me souviens d'un lieu passé où amour est fil rose aux lueurs d'une aube à bâtir,
Je me souviens d'un lieu passé où amour est cordons de vie aux jeux des enfants,
Je me souviens d'un lieu passé où amour est corde rugueuse à nos libertés écorchées,
Je me souviens d'un lieu passé où saignent les amours effilochées à nos coeurs suspendus,
Je me souviens d'un lieu passé où aux pâles matins renaissent les amours filigranes,
Et si en ce lieu l'amour est fil de lune, ne craint plus la lame mon coeur éclairé.
Découvrez Daphné!
21:46 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, fil, lien, éclair de lune |
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22.09.2008
Voyageuse ...
Découvrez Michel Jonasz!
Pour l'occasion de ce déplacement professionnel je vais renouer avec ma destinée d'être une voyageuse, pour une personne à mobilité réduite le paradoxe a de quoi faire sourire.
Je vais renouer aussi avec une très vieille tradition familiale d'utiliser les chemins de fer, faut le faire :)
Pensez donc un papy cheminot ça laisse des souvenirs, des départs en vacances au bord de la mer avec papy et mamy Et ma poupée qui pleure qui a pleuré pendant tout le trajet, on n'a pas pensé à enlever les piles !! trop drôle, enfin dans mon souvenir d'enfant :)
Et puis papy il a été chef de dépôt alors la gare c'était un peu chez nous, dans nos souvenirs d'enfants aussi :) et puis la vie du rail comme lecture, les blagues sur les cheminots les inventées, les avérées mais plus tard, on n'est plus des enfants ...
Alors demain train pour Lyon, mercredi train pour Nancy, vendredi train pour Lyon, samedi train pour Avignon ... presque douze heures, une journée ou une nuit c'est selon ! alors quelle musique dans l'i-pod ? et quel livre sur les genoux, le regard perdu dans le paysage filant ?
Pour l'heure un bon vieux Jonasz et la relecture des 39 diapos pour convaincre les grands de l'immobilier de construire pour tous.
Et dans l'i-pod qu'est-ce que vous y mettriez vous ?
Et quelle musique sur la route des vacances de votre enfance ?
21:05 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, déplacement, professionnel, handicap |
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19.09.2008
Et si la nuit ...
Et si la nuit m'appartenait j'en ferais un pays.
Comme je les aime ces heures sans temps. Le rythme de l'air y est perceptiblement plus souple, il s'étale en de longues ondes au dos rond, ronronne sous la caresse du chant de mon souffle soudain plus présent. Et je m'écoute respirer, écoute ... souffle de vie, reliance de cet intérieur avec mon intérieur, mon for et mon faillible.
Dans ce pays on ne vit qu'au présent, les lendemains ne sont que rêves si lointains, inaccessibles presque, toute une nuit à traverser, c'est si long !
Ce soir la solitude, j'ai pris la liberté de changer de nid, je me suis installée dans la véranda pour entendre le bruit de la pluie, c'est comme si je dormais au bureau, ça m'amuse, comme quand plus jeunes nous rêvions de passer une nuit à l'école, vous non ? ah. Et bien moi si ! Donc ce soir je dors dans mon bureau, aussi parce que c'est une pièce que j'aime tout particulièrement, j'ai encore tout changé, si je voyage un peu plus loin dans ma nuit je vous mettrai une photo ... et comme j'ai décidé d'avoir la main verte, ce qui était loin d'être gagné lors des épisodes précédents mes plantes sont florissantes ! c'est le cas de le dire mon arum qui ne ressemblait plus à grand chose a décidé de fleurir ! j'en suis baba !!

Et puis sur le bureau un majestueux bonzaï, je dis majestueux car j'ai mis à son pied un minuscule cheval en ... en je ne sais pas quoi mais le bonzaï en est redevenu arbre immense et je m'égare parfois à son pied, goûtant le bruit de la terre humide, imaginant de longues marches dans les feuilles rousses, poussant la relative rêverie en des cavalcades dans les sous-bois.
Je suis bien loin dans cette nuit, ce soir j'ai mis mes mots sous verre, c'est étonnant, un peu comme si la page à ce jour si virtuelle et fragile s'était muée en papier glacé, demain c'est l'accrochage, couleurs de mots en Provence, vernissage et petits fours samedi : après-demain autant dire deux continents plus loin tant de pays a visiter avant d'y être :)

Bon depuis la photo il y a eu encore des changements, deux petites lampes qui me veillent dans la nuit si noire derrière la vitre et quelques bougies pour réchauffer les regards. Sont en préparation des rideaux blancs pour diffuser la lumière et viendra, quand je l'aurai trouvé un vieux rocking-chair que je ferai blanc aussi, un vieux fauteuil qui aura déjà bercé beaucoup d'enfants et inventé beaucoup d'histoires, un vieux fauteuil pour osciller entre rêve et conte.
00:46 Publié dans M'analyse moi | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nuit, femme, seule, pluie |
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