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13.02.2012

A nos fragilités

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free music






Puisque nous avons la chance de vivre, il nous est offert d'explorer nos fragilités, piqûres à nos mises à nu, effeuiller nos âmes dépouillées des fards, dévoilées nos faiblesses, acceptés les défauts de nos cuirasses. Renoncer aux limbes et se promettre de se souvenir d'avoir vu, même au coeur des brouillards.
Explorer, découvrir, devenir.

Et dévoiler nos cicatrices comme des armes puissantes, témoins présents de nos vécus. Le regard droit planté dans la vie, ne plus avoir peur, savoir. Remercier avant même l'expérience, avant la souffrance et goûter chaque instant baigné de lumière et d'ombre. Et de lumière.

Coeur grand ouvert, aimer. Aimer tout, même, et surtout, nos fragilités.
Car celui qui se sait fragile est humblement plus fort que l'ignorant.

Aimez-vous, mais aimez-vous fragiles.

fragile,aimer






03.08.2008

Mon universalité est un tableau de Chagall



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Pour aborder tranquillement un tableau de mon universalité il me faut avant tout replacer cette pensée dans son contexte.
Je chemine depuis quelques années pour plus de conscience, de présence. Motivée dans un premier temps par un besoin devenu essentiel de comprendre mon passé et celui de mes ancêtres, cette quête, ayant abouti à certaines réponses, s’est transformée en bilan puis désir d’une construction personnelle consciente pour plus de sérénité dans les rapports à l’autre, à moi-même et au monde.


Parce qu’il aura fallu partir

A l’échelle familiale un des bouleversements importants de nos vies dans ces dernières années fut notre départ de Lorraine et l’arrivée en Provence.
L’arrivée de notre 3° enfant trois ans auparavant, avait forgé en moi cette impression que nous formions réellement une famille ou plus exactement un foyer, j’avais atteint une certaine satisfaction en temps que mère et un sentiment de plénitude en temps que femme. L’arrivée en Provence nous a amenés à être encore plus soudés et seuls au pays de nulle part.
Est venu alors le temps de l’individuelle solitude, mari et enfants ayant naturellement repris leurs rôles de travailleurs et d’écoliers. La rencontre de deux femmes « éveillées » m’amenèrent alors à l’évidence qu’il me fallait comprendre mon passé pour l’accepter et qu’il existait pour cela d’autres moyens que la simple analyse de mes souvenirs blanchis à force d’être ressassés. L’éloignement physique m’a alors permis de prendre du recul par rapport à mon passé, mon enfance, devenue spectatrice, la critique en fut facilitée. Rencontre avec Khalil Gibran : nos enfants ne nous appartiennent pas, ils nous sont confiés afin que nous devenions l’arc qui leur permettra de s’élever. Les liens qui unissent deux êtres qui s’aiment ne souffrent en aucun cas de l’éloignement physique car nous faisons partie d’un même univers et nous sommes reliés à chaque instant par l’eau, l’air, la terre et tout ce qui nous entoure. Nous changeons à chaque instant.

De mère angoissée et femme inquiète voire jalouse je suis passée à femme consciente de ces liens indéfectibles, dénués de toute notion d’appartenance, indépendants de la distance physique et femme curieuse de mieux faire connaissance avec son individualité.

Mère je suis, mère je serai encore, l’arrivée de notre quatrième fille allait faire ressurgir tout un pan de l’histoire familiale, enfin la lumière fut, avec violence et dans la douleur. Forte des révélations de ma grand-mère au seuil de sa mort, j’entamais une croisade que je pensais libératrice pour tous avant de comprendre très rapidement que cette lumière ne devait être que ma lumière, ma vérité, ma source sur le chemin.


Ayant eu par le passé une vie socialement active bien que bénévole je ne pouvais me satisfaire d’une vie de femme « au foyer » (quelques promesses à moi-même jalonnent mon existence celle de ne jamais être femme au foyer en fait partie), Libérée d’un certain poids mon énergie m’amena à la création très contemporaine d’un produit, d’une entreprise, d’une marque. Laboratoire propice à l’étude des relations humaines, je m’y suis plongée corps et âme, résultat quasi inévitable d’un manque accumulé et de l’affirmation affichée : moi aussi j’existe, je travaille donc je suis, je remplis mon devoir, j’entends que l’on respecte mes droits.

C’est l’enchaînement des rencontres qui fait grandir projets et individus, chacun apporte son offrande à qui sait la recevoir. Le nombre et la richesse des rencontres et expériences que j’ai pu vivre durant ces 3 années en font toute la saveur, il faut se dire qu’alors j’étais probablement prête à les vivre et à en tirer la substance.

Rentrée 2005 c’est au moment où il aurait fallu être sur le pied de guerre pour l’entreprise que mon corps choisi de se dérober à mes projets, manquant de passer de vie à trépas. Commence alors un long travail sur la dépendance physique, les relations entre nos pensées et nos actes, la frustration, la liberté, la souffrance, la mort. Associé à la rencontre d’autres, d’ailleurs et d’autrement, l’impératif besoin d’une auto-détermination se fait conviction intime. Qui suis-je ou plutôt qui vais-je décider d’être à partir de maintenant.

Ces pensées quand elles sont intimes, convaincues et fondamentalement égoïstes conduisent de fait à des changements de comportements et dans la jeunesse de ma raison j’ai oublié que ce travail intime n’était pas visible à l’œil de l’autre et ce qui était enrichissement pour moi n’était pas perçu comme tel pour des cœurs que la peur fait parler. Le travail s’est fait conflit et douleur, tiraillements et déchirure. La lecture de certains livres et la survenue d’événements forts en émotions m’ont amenée à me poser certaines questions auxquelles il me paraît fondamental d’avoir des réponses aujourd’hui.


Le sens de notre vie ou la théorie de Viktor Frankl que tout individu peut accepter n’importe quelles conditions de vie s’il a un objectif clair et conscient à atteindre, s’il connaît le sens de sa vie. L’affirmation que nous avons toujours le choix, sous l’oppresseur le choix étant celui de notre comportement. Au delà du questionnement au sujet du sens de ma vie, Frankl me confronte alors à une théorie à laquelle il m’est difficile au moment de la lecture d’adhérer : une seule attitude face à la douleur inévitable : la dignité, allant même jusqu’à affirmer que nous pouvons la transcender, en faire quelque chose. Je lis ce livre dans une période de grande souffrance physique des suites d’une luxation et ne peux me résoudre à penser que cette souffrance puisse m’apporter quoi que ce soit. Partagée entre la culpabilité d’accepter de souffrir et la culpabilité de renoncer à combattre cette souffrance ! Partagée entre deux culpabilités Frankl m’offrait pourtant là une alternative positive.


Quand la tourmente a atteint le foyer j’ai su que ce livre était arrivé entre mes mains au bon moment. Du séisme familial sont ressortis l’évidence que je suis et je resterai une mère, que l’amour que je porte à mes enfants donne du sens à ma vie, puis aidée entre autres par la lecture de deux autres livres et quelques guides bienveillants, simplement admettre que le conflit peut-être porteur de sens et qu’il est nécessaire de savoir écouter nos peurs instinctives ou acquises afin de faire consciemment le choix de nos comportements et que nous pouvons choisir de tout aimer.


A cet instant vous pourriez me demander le lien avec l’universalité qui est le propos de cette note.


Où il est question d’énergie.
Si on s’attache à la dimension scientifique des êtres, nous savons que chaque être est composé d’éléments maintenus entre eux par des forces qui s’équilibrent, à l’image du noyau et de ses électrons au cœur même de l’atome. Et si certains systèmes peuvent nous paraître stables il ne s’agit que d’une stabilité toute relative et dépendant d’un certain espace-temps, les lois de l’entropie étant là pour nous rappeler que la nature trouve son équilibre dans le désordre maximum.
Comme tout système organisé nous recherchons l’équilibre, nous recevons, nous donnons.

Nous recevons tous au moment de l’incroyable fusion de deux êtres un héritage inscrit au cœur même de nos cellules et ce bagage appartient à la mémoire de l’univers, il est une partie de l’univers. Puis nous recevons à chaque instant de l’énergie dans notre nourriture qu’elle soit matérielle ou spirituelle. Cette énergie est portée, au moment où nous la recevons par un objet, un geste, un mot. Ce qui créé le lien, l’échange, est l’attirance que nous avons l’un pour l’autre. C’est parce que nous attirons à nous ce dont nous avons besoin que nous avons quelque chose à prendre de tout ce qui nous arrive. Le but ultime, à échelle universelle étant de conserver l’équilibre global.
Nous pouvons donc raisonnablement imaginer que nos échanges peuvent tous être traduits par un bilan énergétique qui, associé au principe du rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme nous conduit à la question suivante : nous, êtres humains comment et en quoi transformons-nous l’énergie que nous recevons ?


Où il est question d’amour
Comment naît le lien, ce qui permet la connexion : le canal entre les cellules, le don de soi et l’ouverture à l’autre. A l’échelle humaine nos émotions sont le reflet physique et spirituel d’un état, d’une vibration, ne dit-on pas être sur la même longueur d’onde ? Quand les vibrations s’accordent alors se créé le canal qui permet l’échange. De nos jours nous avons perdu en partie cette faculté de ressentir ces vibrations, nous n’écoutons plus ce que nos sens nous disent, nos autres sens, pas nos yeux ou nos oreilles mais notre peau, notre nez, nos poumons, notre ventre.
Qui a rencontré un autre et pense le connaître depuis toujours, qui ressent dans son enfant, son parent, sa sœur la reconnaissance profonde des êtres fait l’expérience de l’universalité. Qui a connu l’amour ardent connaît l’attraction des corps dans chacune de ses cellules et sait que la chaleur de la cuisse fait fondre la paume de la main qui la caresse.



Où il est question de pouvoir
L’homme, cette formidable machine à penser a donc à chaque instant le pouvoir d’imprégner de son essence l’énergie qu’il rend au monde. C’est un pouvoir immense et une responsabilité qui a de quoi faire peur et il sera plus facile pour certains de continuer à penser qu’ils subissent plutôt que de chercher à positiver l’expérience.
Le pouvoir d’imprégner l’énergie active de nos jours et le pouvoir d’imprégner une énergie plus profonde que nous rendons au monde à notre dernier souffle. Car cette énergie là ne disparaît pas.


La part de l’ombre
Comme il serait illusoire de penser qu’il soit possible de n’avoir que des pensées positives. Comme tout système il est probable que les énergies répondent aux lois de l’équilibre et qu’à chaque énergie positive corresponde une énergie négative. Il nous faut alors admettre que si nous nous efforçons à rendre autour de nous de l’énergie positive alors quelque part sera libérée une énergie contraire. Nous pouvons laisser à d’autres cette responsabilité et nous pouvons aussi assumer la part d’ombre qui est en nous. Nous, infimes parties de l’univers devons apprendre à nous reconnaître dans ce que nous considérons comme le mal et qui n’est que l’expression visible de l’équilibre qui nous gouverne.


Mon universalité
Puisqu’il faut un jour apprendre à se détacher par la fusion, des notions du bien et du mal, de soi et de l’autre, de la normalité et de la différence, au nom d’un sens commun, je veux penser que seul un amour inconditionnel pour tout ce qui nous entoure peut nous permettre de vibrer avec l’univers et réconcilier l’être, le milieu dans lequel il vit et l’expérience qui naît de cet instant unique et éternel. Je veux penser qu’on peut choisir de tout aimer, nous avons notre temps de vie pour devenir un individu conscient de ce qu’il est, composé d’une myriade d’éclats d’univers, l’amour pour recevoir et pour donner et l’éternité pour nier le soi et retrouver le tout.

Comment résumer 39 ans de chemin ? Sinueux, escarpé parfois jalonné de rencontres magiques, de redécouvertes ancestrales et nouvelles, il n'est que mon chemin et il se ressent plus qu'il ne se met en mot. Aujourd'hui plus clair qu'autrefois.

Faites qu'au zénith de chaque ephémère instant vous puissiez dire dans un souffle, fut-ce t'il le dernier : J'ai aimé.

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18:35 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : universalité, amour, canal, univers, énergie | | |  Facebook | |

05.07.2008

Au plaisir ...

Samedi 17h40 et une envie d'écrire comme de croquer dans une pêche mûre à point. Le plaisir à fleur de plume, une émotion pure longeant les cils.

J'ai fait une pause.

Dans cette aventure intérieure qu'est la mienne depuis quelques mois, parfois volontaire, parfois forcée, j'ai fait une pause. Je me suis plongée avec délices dans trop de travail pour la maison, trop d'enfantissimes dossiers d'inscriptions, trop de raisons trop importantes pour échapper un instant à la quête, à l'enquête. J'ai laissé une douce brume rendre flous les contours trop saillants, je me suis laissée tentée par l'illusion facile que tout va mieux. Je sais aussi que j'en avais besoin, dans tout voyage il faut savoir faire étape dans un endroit aux allures accueillantes, laissant les loups hurler dans la nuit. Puis la pause s'est faite attente, d'un déclic ? d'un signal de départ imaginaire mettant le feu aux poudres et la poudre d'escampette à mes talons ?

Le signal, les signaux sont venus, me réveillant peu à peu de cette enivrante somnolence et j'ai refait mon bagage, soupesant un à un mes effets personnels, ceux que je vais emporter avec moi, ceux devenus trop lourds, encombrants ou brillants de leur inutilité révélée, ceux que j'emporte alors que je sais qu'il faudra un jour parvenir à ne pas les remettre dans le sac.

Juin est passé. Dans mon calendrier personnel je suis dans l'entre-deux,toute marquée encore des rythmes scolaires. A l'école de ma vie je sais que septembre est souvent porteur d'un malaise à ce jour inexpliqué et les deux mois qui le précèdent d'une sourde angoisse qui va s'emplifiant avec le racourcissement des jours. Juin est devenu plus tardivement le mois des épreuves, le mois éprouvant.

Vers 11h30 aujourd'hui j'ai mis trois de mes petits eux dans un panier en direction de la verte Meuse, la maison passant de six à deux est soudain le thèâtre d'une après-pièce, le décor est en place mais les acteurs sont partis et les playmobils playmobilent tout seuls dans un interminable pique-nique envahi d'une improbable cohabitation de tigres, d'ours polaires et de fourmis aussi géantes que vivantes.

Les valises sont pleines, les caisses à linge sont vides, les oreillers sont orphelins de leurs doudous, les cahiers de l'année dernière s'empilent sur les bureaux.

Et mon coeur soudain chargé d'un trop plein de tensions, implose.

Qu'elle a été dure cette année, je ressens soudain sur mes épaules le poids des mois qui viennent de passer, je laisse le trouble m'envahir, il ne me surprend pas, la dissolution temporaire de "la famille" me laisse seule face à moi-même et me renvoie à l'évidence que je dois reprendre le chemin là où je l'avais laissé.

Je vais passer avec bonheur une semaine à Lyon, une semaine durant laquelle je vais physiquement Etre au travail, une semaine pour faire le point et pour préparer la rentrée, à tous les points de vue. Une semaine rien qu'à moi, ce soir je fais ma valise et j'emporte avec moi quelques livres pour me nourrir, quelques réflexions à mener et un cahier d'écolier pour écrire.

Dans le bilan de cette année folle, j'ai découvert le plaisir d'écrire. Hissée au rang de plaisir cette activité en deviendrait presque tabou. C'est un plaisir aussi intime que solitaire mais aussi interdit puisse t'il devenir je ne suis pas prête d'y renoncer, écrire m'a révélé la profondeur insondable de l'être, l'énergie de la lumière qui est en nous. Bien sûr ce plaisir est démultiplié quand je peux avec bonheur vous offrir quelques mots et tant pis si je me dévoile, il n'est de véritable plaisir que dans la simple nudité.

La pause est terminée, baluchon sur l'épaule je reprends le chemin avec vous comme compagnons et les étoiles comme guide.

Et c'est avec une soudaine impatience joyeuse de la réponse que me vient cette première question :"Etes-vous sur ce chemin ?"




28.06.2008

Si temps, t'es.


Découvrez Goran Bregović!


Je suis là. Ma dernière note a une semaine. Le temps est passé trop vite cette semaine. Ce qui me ramène inéluctablement à la note promise : Le handicap, voleur de temps.

Elle trotte dans ma tête depuis quelques jours, et sa cadence rythme mes jours aussi sûrement que la trotteuse de ma pendule Murano.

Avant le handicap il y eu pour moi la maladie, d'enfant vous devenez le temps d'une consultation enfant malade, notons au passage que l'on garde son statut de personne, petite personne malade mais personne quand même. Il s'agit alors d'apréhender tout un univers rempli de blancs fantômes qui échangent des mots inconnus et qui en quelques coups de crayons sur un agenda décident subitement ce que vous ferez de votre personne, devenue très patiente, durant l'heure, la semaine prochaine puis trois fois par semaine et une fois par mois, trimestre, an ... que vous le vouliez ou non vous voilà bien obligé d'obtempérer aux consignes précieusement notées sur une ordonnance.


L'ordonnance.

 

J'ordonne, je veux et j'exige que le soldat matricule Willaime Marie-Lisiane (oui ben oui ..)11 ans consacre 5 heures de son temps à rééduquer des articulations qui vont disparaître mais c'est le protocole ! Cinq heures sans compter les temps de trajets et d'attente dans une salle d'attente au moins aussi gaie que les toilettes publiques de la gare de Lyon (un jour je vous raconterai ...) plus le temps passé à avaler des poudres et des potions, plus le temps d'ajuster les orthèses qu'on appelait en ce temps là des attelles, tous les soirs s'emballer les jambes ou les bras selon les crises dans des bandes collantes reliées à des élastiques eux-mêmes reliés à un corset qui devait garder plié ou tendu l'articulation récalcitrante qui n'allait jamais dans le bon sens près de chez vous, pour une fille de responsable d'agence du Crédit agricole c'est un comble !



Ne soyons pas plus royaliste que le roi, après quelques années de ce régime, l'âge aidant (15 ans) j'ai fini par tout envoyer balader, les séances de kiné, les piqûres et les potions, j'ai décidé une fois pour toutes de laisser à cette maladie le moins de place possible C'est encore vrai aujourd'hui, j'essaye de limiter au maximum le temps qu'elle me prend, tout comme j'essaye de préserver au mieux mes libertés malgré elle, peut-être devrais-je dire aujourd'hui malgré lui. Car d'enfant malade je suis devenue à ma majorité : handicapée.

Je ne me battais plus contre la maladie, je devais faire avec le handicap et le handicap est un dictateur.

J'ai très vite compris que si je consacrais à ma santé physique tout le temps que la société voulait bien penser que je le dusse (ouh là) ma vie allait effectivement se résumer à être handicapée, ma vie allait être handicapée



[Je suis atterrée de lire parfois des formulaires avec en lieu et place de profession : handicapé !!

- Ah oui salut et toi tu fais quoi dans la vie ?

- handicapé et toi ?]



et moi je voulais que ma vie soit mille autres choses. Alors j'ai fait des choix, je n'ai pas suivi toutes les ordonnances, j'ai classé moi-même l'ordre de mes priorités faisant fi des menaces et autres mauvaises augures que me prédisaient les blancs fantômes tout frustrés de voir leur cobaye leur échapper, j'ai repris le pouvoir sur mon agenda, mon costume, MOI !

Ce n'est ni bien, ni mal, c'est mon choix je l'ai fait aussi librement que possible et consciemment.

Cette prise de liberté là, vaut bien une Bastille !

Mais il y a un prix à payer.

Ce n'est pas parce que je ne vais pas me faire masser trois fois par semaine que je n'en ai pas besoin.

Ce n'est pas parce que je dors peu que je ne suis pas fatiguée

Ce n'est pas parce que je travaille que je n'ai mal nulle part.

Là est le prix à payer de la sortie de case !!!

Les plus beaux sourires ne sont pas ceux des personnes qui ignorent la souffrance. Un sourire n'est pas une façade, c'est un cadeau. Et bien malheureux est celui qui ne verra dans le sourire de l'autre que le reflet de sa propre satisfaction ou de son envie. Je sais aujourd'hui que les choix que je fais se payent parfois deux fois !

Et puis il y aura le prix que je payerai cash quand mon corps que je n'aurai préservé saura me faire comprendre que toutes mes cartouches sont grillées, que j'ai fini de manger mon pain blanc et que l'heure de l'addition est arrivée, seule au restaurant et la maison ne fait pas crédit. Oh j'arriverai bien à chiner un pousse-café que je sirotterai tranquillement l'oeil plissé et amusé d'avoir mangé des grives quand la vie me promettait pigeons ! Je préfère mourir consumée d'avoir vécu que de vivre à petit feu pour mourir plus tard !



Mais du temps le bandit arrive à m'en voler quand même. Il m'en vole à chaque fois que je ne peux faire seule et que j'attends. J'attends "un coup de main" Je pense que vous pourrez utiliser cette expression pour mon épitaphe !! Ci-gît celle qui demandait un coup de main ! Mais parfois quand ce "coup de main" reçoit pour réponse "oui attends" il m'arrive de grincer des dents, trop consciente que le temps perdu ne se retrouve jamais. Ce n'est pas facile de prendre du temps à l'autre, celui qui peut et ce n'est pas facile non plus de perdre le sien à attendre et j'entends d'ici un certain qui dirait "ça dépend de ce que tu en fais de ce temps", certes.

Il m'en prend à chaque fois qu'une action me prend vingt minutes là où je ne devrais en dépenser que cinq et ces vingt minutes où je m'échine avec force contorsions à extirper du linge de la machine ou enfiler un pantalon je ne vois pas comment je pourrais le valoriser. En être fière ? Bof.



Il m'en prend à chaque fois que je patiente dans une salle de patience d'un médecin quand j'ai trois cents cinquante deux autres choses à faire "pour la maison" [Private joke, R. si tu nous regardes :)) ]



Le temps et la liberté de penser sont nos vraies richesses, il faut avoir l'un pour valoriser l'autre et inversement.



Et je pense à la grande dépendance, celle qui fait que toute votre vie est soudain régie par les autres qui décident de l'heure de votre repos, de votre réveil, de votre lever, de votre toilette, de vos repas parce que vous vous ne pouvez plus faire seul. Il faudra alors trouver un sens à cette privation du faire, je n'y vois qu'un seul intérêt avoir enfin ... le temps de penser librement.



La semaine s'est finie sur un coup de blues de n'avoir pas pu faire tout ce que je voulais faire, parmi ces choses "écrire pour le blog", c'est chose faite, je suis contente. Ce soir c'est feux de saint-Jean, vous vous souvenez de Tanguy des étoiles ? J'espère bien voir à nouveau des étoiles dans ses yeux ce soir !

20:15 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : temps, handicap, voleur | | |  Facebook | |

05.06.2008

En vrac !

Une petite note en vrac !

J'ai été bien fatiguée de mon déplacement, surtout à cause des tracas de voiture en série, entre un faux contact dans la portière automatique et le moteur qui ne tournait pas rond !

Mais je suis très contente de notre prestation du mardi matin à l'aéroport, un public toute ouïe composé des chefs d'équipes de l'aéroport, j'ai senti un vrai intérêt pour le sujet et une vraie volonté de bien faire, ça fait chaud au coeur de constater que le thème du handicap est pris en compte avec le plus grand des sérieux.

Puis le retour sans encombre et le mardi soir en bonne maman, j'étais au spectacle de chant de Lola, on a fini la soirée à la pizzeria, je peux vous dire que levée depuis 5 heures du matin j'ai apprécié mon oreiller sur le coup des 23h30 !!

Hier j'étais "un peu" fatiguée :)

Aujourd'hui boulot, il faut préparer le déplacement de la semaine prochaine : à Paris de mardi jusqu'à vendredi (maison vers minuit) pour le salon Autonomic, j'ai hâte d'y être !

Je me bats avec l'intrus des blogs et ce soir avec un candidat mal embouché ! un jour je ferai de la formation pour les personnes handicapées, combien ne se rendent pas compte qu'elles sont complétement à côté de la plaque côté comportemental ????

Voilà finalement je ne suis pas partie au Touquet, ben non sinon là je serai dans un super resto dans un super hôtel mais je ne voulais pas laisser les filles presque 10 jours en deux semaines, tant pis ça sera pour l'année prochaine !

Me voilà donc seule avec mes fifilles jusqu'à samedi soir, et qu'est-ce qu'elles font les souris quand le chat n'est pas là ?? Elles dansent (là il y avait un lecteur mais je l'ai viré F Valery ça va bien 5min !!)




Et oui le temps passe vite, la roue tourne et nous entraîne il y a un an ma vie c'était ça :



et la suite :



ça me parait si loin !

Bon je peux vous dire que je suis trés très contente de ma situation professionnelle aujourd'hui et vous savez quoi ? ça a fait 6 mois mardi que je travaille avec mes très chers collègues d'handicap.fr , déjà ? OUI !!!

21:58 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |

01.04.2008

En avant !

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titititata

Une note après l'autre avancer, ne pas avoir peur, plus jamais.

Courage, ce mot qui revient si souvent, le faire mien.

Monter, glisser, remonter, plus haut.

Etre le grain de la folie du monde.

Et tant que la terre est ronde.

Tourner encore sur un air de jazz

Titititata

Le cardiologue a dit que j'avais bon coeur M'sieurs Dames.

La musique comme énergie, prendre son air, son rythme.

Je la sens qui monte et me transporte.

Demain sera filles

Faire des bulles en pied-de-nez au blues

Musique !

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30.03.2008

Un dimanche de mars

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Dernier dimanche de mars et le temps qui passe d'un air narquois.



Une fin de semaine lyonnaise marquée le vendredi par deux sessions de sensibilisation pour des architectes et autres responsables du cadre bâti. L'anecdote pour illustrer le propos toute trouvée avec la photo du tribunal prise le mardi à Marseille.


Le long retour, la fatigue est là, les kilomètres qui défilent.



Puis dormir plus d'un tour de cadran, le carnaval zappé, c'est l'anniversaire de Bernardo, j'emmène les filles dans l'après-midi aux autos-tamponneuses, une soirée chaude en couleurs et en amis pas vus depuis un moment avec l'ass de coeur et Nathalie bien sûr.


Dimanche matin déboussolé de son heure perdue, plonger en musique, penser au silence d'Alix, lui écrire, penser, écrire, devenir, avancer, être.


Si profonde soit la pensée, elle n'est pas un puit sans fond elle est la voie de la légère conscience d'être, faire d'un battement d'aile un ouragan, le traverser, apprendre à aimer le mouvement de l'aile.


Encore hier, recevoir des "quel courage" vouloir répondre que c'est dur parfois, si dur.


Tout à l'heure prendre le temps d'encore un peu de musique, d'un nouveau livre, le corps calmement immobile, réparer, doucement.



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13:40 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dimanche, mars, muse | | |  Facebook | |

02.03.2008

Source

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4 petits bouquets de fleurs des champs et pissenlits et puis j'ai retrouvé mes sunglasses pour le bonheur d'un livre dans le jardin, sous un soleil déjà fier, comme une caresse, un baume sur les peines de ces derniers mois, jours, minutes (ce matin j'ai appris qu'une cousine nous avait quittés elle aussi, 39 ans)

 

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Penser au regard porté loin, loin au delà des collines et sentir sur mon visage la douce chaleur irradiante du soleil, laisser le souffle léger du vent me traverser, sentir l'énergie qui nous entoure, devenir une infime partie du décor et sentir au plus profond ces liens qui nous unissent, tous, à jamais.

 

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Dans l'enchevêtrement du saule voir nos vies croisées.

 

Etre

 

Une journée pour aller à la source, se recentrer, se rassembler, comprendre, accepter.

Demain pour avancer

21:30 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : source, énergie, être, livre | | |  Facebook | |

24.02.2008

Etre une femme

Avez-vous déjà remarqué à quel point parfois, la féminité s'exprime dés le plus jeune âge ?

 

Ma maison pourrait facilement être un observatoire de la féminité à travers les âges. De la petite Eva si blonde et bouclée qui se regarde dans le miroirmonbômiroir, la tête légèrement penchée, un sourire émerveillé devant tant de beauté sur les lèvres, en passant par notre Lola, petit bout de femme, toujours soignée, tirée à quatre épingles, les sous-vêtements assortis à la tenue si possible, jamais de faute de goût, la moue dédaigneuse à souhait quand ce sont mes goûts à moi qui dérapent, osant lui proposer "quoi ce pull ah non jamais de la vie", une Salomé au teint mat et yeux noirs infinis qui pourrait s'habiller d'une serpillière que ça ne se verrait pas, Salomé le charme naturellement ! Et ma grande dans les affres de la cruelle adolescence qui vous fait hésiter entre le rimmel violet et le crayon rouge mais toujours avec son côté artiste qui donne au trait noir une délicate trace de ses interrogations de déjà femme.

 

C'est une après-midi de shopping qui, une fois de plus me place moi, face à problème récurrent : trouver des vêtements pour moi dans les magasins ... et sous-jacent, avec le retour de la collection printemps, faut-il couvrir ou montrer et sous-sous-jacent : peut-on encore s'afficher femme lorsque le corps a pris des formes si peu conventionnelles ?

 

S'afficher femme, on pourrait entendre aussi dans mon discours un naturel besoin de séduire, a t'on le droit de séduire, le pouvoir de séduire lorsqu'on est handicapée ? Et pourquoi mon regard s'attarde sur ce petit top aux bretelles si fines et cette jupe alors que je ne porte plus que longs pantalons ?

 

Si on est handicapée, on en est pas moins femme, et la féminité devra s'exprimer autrement que par la finesse d'une cheville au-dessus d'un escarpin ou la rondeur d'une épaule négligemment dénudée. Elle devra trouver d'autres modes d'expression que celui du corps, où ira t'elle se loger, cette incroyable énergie ? Dans une attitude, un regard, un discours ? Le corps seul ne fait pas la femme ! Une femme c'est tellement plus qu'un simple corps ! C'est un parfum, une couleur du jour, une onde. Etre femme c'est avant-tout une façon d'être, une philosophie, c'est parfois un peu moins facile quand il faut se jucher sur un étrange fauteuil fait de toile enduite noire, d'alu et de moteurs éléctriques et quand, de la pointe des orteils aux vertèbres cervicales, la maladie est venue redessiner les courbes, mais je crois que se sentir femme c'est inscrit au coeur même de nos cellules et qu'il suffit peut-être d'un sourire et parfois d'une larme pour être tout simplement femme.

 

Etre femme c'est aussi la possibilité d'être mère et si ce droit est reconnue aux femmes dont le handicap est physique il est bien souvent bafoué pour les femmes handicapées mentales qui sont pour certaines stérilisées d'office et à leur insue.

 

Nous avons toutes nos niveaux de combat et je pense ce soir à moi,je qui se bat encore aujourd'hui pour faire reconnaître d'abord son humanité et son seul droit de penser ! Je dis combat volontairement parce que nos droits nous devons être les premières conscientes d'en avoir et de devoir les imposer, les droits d'être reconnues, de penser, d'être femmes, de le montrer.

 

J'aimerais alors poser la question à Alix, Elphe, et les autres : le handicap vous a t'il volé une part de votre féminité ?

 

23:10 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, femme, féminité, séduction, handicap | | |  Facebook | |

20.02.2008

Préjugés coriaces

Téléréalité: Yolaine, star de TF1 et de M6?

En moins de 8 jours, cette jeune femme de 34 ans, victime d'un accident de moto en 2003, risque de séduire aussi bien les téléspectateurs de la Une que de la Six. Avec pour seule arme son courage, ses deux cannes et son sourire, elle sera demain soir parmi les candidates de La nouvelle star (M6) retenues pour Baltard avant, le 29 février, de vous entraîner avec 9 autres handicapés vers le sommet Kilimandjaro, au-delà des limites (TF1).

Source : http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/media/20088/telerealite-y...

Alors d'une part le courage, deux cannes et un sourire ça fait plus d'une arme et d'autre part .... le talent de chanteuse elle en a pas ???? elle l'a perdu dans l'accident peut-être ??

C'est bien qu'elle participe à une émission de télévision, pour une fois que le handicap sera représenté dans une émission grand public pour un autre thème que le handicap, mais voilà qu'en l'annonçant ils la réduisent à son handicap, au point d'en omettre la principale raison de sa présence sur scène ... c'est agaçant ...et là je fais celle qui reste polie, bien élevée, zen, qui ne s'énerve pas toute seule devant son écran, posée quoi, je relate les faits, donne mon opinion, je suis calme ...............

En fait j'essaie d'être calme parce que j'ai eu une prise de bec avec le journaliste qui annonçait "Kilimandjaro"

Ascension du Kilimandjaro par des handicapés le 29 février sur TF1
Vendredi 29 février à 20h50, TF1 diffusera un documentaire exceptionnel en deux parties intitulé « Kilimandjaro, au delà des limites » dans lequel quatre femmes et six hommes, tous atteints d'un handicap moteur ou sensoriel, se lancent à l'assaut du Kilimandjaro.

10% des Français sont atteints d'un handicap. Habitués à relever de véritables défis au quotidien, 10 d'entre eux se sont lancés un challenge incroyable, une aventure extrême : gravir le Kilimandjaro, à près de 6000 mètres d'altitude, convoité chaque année par des milliers de randonneurs. Le Kilimandjaro est une ascension difficile, parfois risquée : 6 personnes sur 10 échouent.

Eric, 43 ans, Catherine, 44 ans, Guillain, 24 ans, Salima, 25 ans, Bastien, 29 ans, Jean-Michel, 49 ans, Sofia, 33 ans, Nicolas, 43 ans, Yolaine, 34 ans et Sébastien, 25 ans, ont ainsi participé à une aventure hors du commun. Ils savent qu'ils ne peuvent pas accomplir cet exploit individuellement. Ensemble, ils sont plus forts. S'ils s'entraident et forment une équipe solidaire, ils pourront, peut-être, réussir… Ils n'ont rien à gagner, juste prouver qu'ils en sont capables.

A 7000 km de chez eux, en Tanzanie, dans un environnement qui leur est jusque-là inconnu, ils vont traverser ensemble la savane sur une centaine de kilomètres pour gravir le plus haut sommet d'Afrique. Encadrés par 4 guides et 2 médecins expérimentés, ces dix participants espèrent, au-delà de leurs limites et bien au-delà de leur handicap, accomplir un exploit collectif admirable. Seuls la solidarité et le courage auront raison des kilomètres parcourus et des 4 000 mètres de dénivelés qui les attendent.

TF1 souligne que « Kilimandjaro, au delà des limites » est un documentaire exceptionnel, qui par sa force, oblige à changer nos regards sur le handicap.

A 20h50, première partie intitulée « L'approche ». A 22h05, seconde partie « L'ascension ».
Je me suis donc pris le bec avec Jean-Marc par mail interposé parce que je lui ai juste fait remarquer qu'il avait oublié tous les Z à zhandicapés .... il n'a pas eu l'air d'apprécier mon humour ... il m'a répondu qu'il n'avait aucune leçon de vocabulaie à recevoir de moi ... certes ...
Enfin voilà ça vous fait quand même deux soirées bien occupées ...
PS j'avais été contactée pour participer au raid Kilimandjaro :))) et niKo aussi ... perso j'avais refusé de suite (ils précisaient qu'il fallait être autonome ... ça dépend de ce que ça veut dire ... des conditions ...) donc vous ne me verrez pas au sommet du Kilimandjaro, pas cette fois en tout cas ....

16.01.2008

Silences bruyants

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Vouloir dire le silence c'est le rompre, le taire serait-ce l'entendre ? Car il est des silences plus bruyants que les cris.

 

Tais-toi, je n'entends plus ton silence !

 

Silence, douteux ou paisible ? Faudrait-il écouter avec ses yeux, avec son coeur pour entendre tout ce que tu ne dis pas.

Si mon regard entre alors droit dans ton silence pourrai-je voir jusqu'au fond de ta cache toute la misère qui n'a pas su se dire et que j'aurais du entendre.

 

Tais-toi, je n'entends plus ton silence !

 

Faut-il seulement l'écrire pour ne pas le crier et le laisser se dire simplement  sans une parole, sans un bruit, juste le souffle de la plume qui fait parler la page et devenir alors le confident muet de tes assourdissants silences.

 

Tais-moi, je t'entends.

 

Mais peut-être n'y a t'il à entendre que la vibration sourde de mon imagination, broyant ce vide insensé, avec pour seul écho, les soupirs de mon âme prolixe.

21:15 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : silence, prolixe, sourde, muet | | |  Facebook | |

13.01.2008

Inclusion

Contrairement à ce que ce mot évoque à la soeur de moi,je INCLUSION réprésente pour moi le fait d'être dedans, de "faire partie de" mais pas de façon figée bien au contraire.

 

Qu'est-ce qui fait l'inclusion, l'appartenance ? ce sont bien les liens que nous aurons su créer, ces liens de travail et de sentiments qui font et défont les équipes. J'avais lu il y a quelques années un ouvrage de Jacques Salomé dans lequel il était question d'écologie relationnelle et j'en avais gardé une phrase en particulier : nous sommes tous co-auteurs de nos relations, ce qui rejoint complétement les théories de Schutz en matière de comportement que l'on a et qu'on autorise l'autre à avoir. L'inclusion vient donc de l'intérieur et n'est pas un objet figé enfermé par une quelconque enveloppe. Il y a ensuite des niveaux d'inclusion et des intersections qui font qu'au final nous sommes tous reliés, tout le temps, d'une façon ou d'une autre. Le plus petit niveau étant sans doute l'inclusion avec soi-même que certains appellent solitude.

 

Voilà une introduction un peu longue pour vous dire le sentiment qu'a été le mien vendredi, je me suis sentie bien, à ma place, comme faisant naturellement partie de l'équipe, et ça c'était juste BON. D'ailleurs moi,je avec toute sa sensibilité l'a résumé en quelques mots "Marie était comme chez elle dans ce lieu" .

 

Et puis nous avons mangé tous ensemble, les plus kamikazes sont montés avec moi en voiture, je pense qu'aprés 50 déplacements à Lyon je me perdrai toujours autant !

 

Puis le retour au bureau pour quelques heures de travail, puis le "goûter" avec Moi,je et sa soeur, l'émotion palpable de moi,je ; la découverte de la voix machine et des mains unies qui galopent sur le clavier. Je ne sais pas si ma fatigue actuelle se voit à ce point là mais je crois bien que moi,je m'a trouvée plus "vieille" que ce qu'elle avait imaginé ... faudrait peut-être que je pense à changer la photo sous peine d'être taxée de publicité mensongère !!!

 

Et puis vers 19h00 les préparatifs du retour, ben vous savez quoi ? "On" a porté mes sacs dans la voiture, le chargeur aussi, la galette aussi que nous n'avons pas pu avaler après le super repas que nous avions fait à midi ! Je n'ai eu qu'à me coller derrière mon volant !

 

J'ai même bénéficié d'un auto-guidage personnifié ce qui m'a permis de ne pas me retrouver sur le périphérique nord comme la dernière fois !  Un dernier au-revoir de la main, chacun reprend sa route mais les liens renforcés par cette journée n'en sont que plus extensibles et se moquent bien de la distance physique.

 

S'en est suivi un trajet ABOMINABLE sous des trombes d'eau, des rafales de vents à vous faire changer de voie, 300 bornes cramponnée à mon volant, pas la peine de mettre de la musique le bruit de l'eau est assourdissant, les essuie-glaces ne servent pas à grand chose, je double des camions qui doublent d'autres camions, rester derrière c'est pire !

 

Et puis soudain le FLASH ! Ouille le pied sur le frein, l'oeil sur le compteur pfffffffffff les radars ils savent quand il pleut ?

 

Rrrrrrrrrooo mé, je commence à préparer un ch'tit discours, tu sais cette voiture elle est tellement bien qu'on ne sent pas la vitesse, puis j'allais pas si vite que ça puis ... FLASH ... m....e, deux fois en une demie-heure nan c'est pas possible hein.... finalement je vais peut-être faire demi-tour, me faire adopter par les lyonnais, même pas la peine que je rentre à la maison "youhou j'suis bien rentrée ! bon j'ai été flashée deux fois mais j'suis là t'es content nan ?" je n'ai compris qu'à la troisième fois que c'était des éclairs, l'orage tout simplement ;o) on devient un peu parano avec ces histoires de radars non ? Et qu'est-ce qu'ils vont en faire des 300 millions récoltés ? Ils pourraient peut-être financer des aides aux personnes handicapées ? Ah non c'est vrai que les subventions pour les associations d'aide à domicile sont supprimées depuis le 1er janvier, j'avais oublié ...

15:55 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : inclusion, équipe, orage, radars, automatiques | | |  Facebook | |

12.01.2008

Handicap, dépendance et solitude

J'ai retrouvé la maison, ses habitants, leurs habitudes et par là même : les miennes, dont, entre autres, celle de vous écrire.


Je suis partie jeudi en tout début d'après-midi ce qui sous-entend que je quitté la maison alors que tous avaient regagné qui son boulot, qui son école, qui son collège.

 

Partir jusqu'au lendemain soir ça n'est pas la mer à boire et pourtant en situation de handicap ça tourne vite au mini déménagement : l'ordi et son chargeur, mon téléphone et son chargeur, le fauteuil ... et son chargeur, ma valise, mon sac de boulot, mon sac à main, mon coussin de positionnement. Autrement dit quelques allers-retours entre la maison et la voiture sous une pluie battante qui avait décidé de s'abattre sur la Provence juste à ce moment là ; vous oubliez l'idée d'utiliser un parapluie qui monopoliserait à lui tout seul au moins deux mains !

 

Je commence donc par la petite valise que j'ai prévu de mettre devant le siège passager et là évidemment le geste mal calculé, la valise trop lourde même quand elle est vide et ce qui ne devait pas arriver arrive : la valise tombe dans un bruit sourd et spongieux de graviers s'écrasant dans la terre boueuse de l'allée ... voilà typiquement ce que j'appelle un moment de solitude. Il pleut, ma valise est à plat dans la boue.

J'aurais pu être à l'heure, Marie tu m'énerves, aux prochains soldes achète-toi des mains !

 

Me pencher et la soulever ? pas question c'est un coup à y laisser la hanche et puis de toute façon même si je touche la poignée, je ne pourrai pas la soulever ; là d'un coup je suis fatiguée, lasse serait le mot juste.

 

Allez je ne vais quand même pas me laisser abattre par une petite chute de valise ... à moi Aristote, Archimède, profs de physique et de mécanique : un pied pour la bloquer, l'autre pour la faire pivoter sur un axe imaginaire, poussez Madame ... voilà la valise qui se redresse, je suis en apnée, quand soudain dépassant le point d'équilibre voilà la valise debout. Je ne peux toujours pas la soulever, j'ai l'idée alors de sortir la poignée qu'on utilise pour la faire rouler, je passe mes deux bras dedans et là au prix d'un effort digne d'un althérophile je parviens à la hisser dans la voiture.
Je suis trempée, il me reste encore quelques allers-retours à faire, je pourris la maison en rentrant avec mon fauteuil, je n'ai guère le choix.

Encore quelques minutes pour réussir à fermer la porte à clés sous le rideau d'eau qui tombe du toit sans chanlatte de la véranda, ben oui pour quoi faire des chanlattes, il ne pleut jamais dans le sud.

Me voilà au volant, chargement ... chargé, direction Avignon puis Lyon via Montélimar. Il est 12h50 j'ai rendez-vous à la MDPH à 14h00, ça peut encore le faire.

Combien de temps pensez-vous que cela m'ait pris ? combien d'énergie ? Est-ce qu'un savant calcul ministériel saura un jour qualifier cette lutte pour l'autonomie, la quantifier ? la compenser ? Parce qu'au bout du compte j'ai réussi à le faire, j'ai été complètement autonome et pourtant je me suis sentie bien seule.

J'étais presqu'à l'heure à la MDPH du Vaucluse, presque parce qu'en fait une fois garée et descendue de la voiture j'ai du faire un détour par deux rues plus loin pour trouver un passage pour monter sur le trottoir qui passe devant le bâtiment qui héberge la MDPH, quel bâtiment ? le Conseil Général pourquoi ?

Le lendemain en discutant avec Elisa elle a évoqué une grande peur : celle de se retrouver seule la nuit dans sa chambre quand elle sera en internat. Elle utilisera l'appel malade ? ben non elle ne peut pas l'utiliser.

Et pourtant dépendance ne doit pas rimer avec accompagnement permanent, nous avons tous le besoin d'être seul parfois, je découvre par exemple le plaisir de ces longs moments de voyage, toute seule au volant de ma voiture, de ma vie ? Juste accompagnée de quelques bonnes musiques et de mes pensées, parfois la solitude est un luxe.

Il est bien difficile à trouver l'équilibre entre dépendance et autonomie entre accompagnement et solitude, difficile à trouver et surtout différent d'un individu à l'autre, indexé à la capacité de chacun de résister au stress, à la capacité d'accepter encore et encore des difficultés qui n'en sont pas pour d'autres.

Oh je suppose bien sûr que des grands moments de solitude vous en avez eu aussi, vous allez bien nous en faire profiter ? mais alors seulement ceux qui finissent bien et moi demain je vous raconterai mon voyage de retour sous l'orage, tiens mais c'est quoi ce flash ?

16:10 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : handicap, dépendance, solitude, plan, compensation, femme | | |  Facebook | |

08.01.2008

Douceur et lâcher prise




Un peu de douceur, un brin de nostalgie le coeur entre deux eaux, lentement écouter des musiques d'hier pour laisser passer le temps de la pression qui tombe, descendre juste d'un ton, la vie en niveaux de gris et se dire que c'est normal, que les couleurs reviendront avec les fleurs de la prochaine saison, qu'il faut parfois s'enrichir de patience. Parce que ce temps là, celui des peines qui s'estompent, celui de l'espoir qui renaît de ses grises cendres ne sera pas du temps perdu si on sait le gagner. Le gagner sur la prochaine bataille parce qu'on sait qu'il y en aura encore et que l'expérience ne vaut d'être vécue que si on sait en comprendre la leçon.

Le plus difficile sans doute est de savoir lâcher prise, de se laisser descendre et de se faire suffisamment confiance pour savoir qu'il y aura remontée et qu'elle ne sera que meilleure si on se donne ce droit à la faiblesse, un peu, parfois.

Et puis un jour c'est comme nager sous l'eau les yeux ouverts, là juste sous la surface, on sait qu'il faudra que ça cesse pour enfin respirer mais, après les grands fonds, prendre le temps de goûter la magie de l'instant c'est l'assurance de goûter puissamment le retour à l'air libre.

Ce n'est plus vraiment une peine, c'est un poids là sur la poitrine et sur les épaules durcies par l'effort, ou plutôt le souvenir du poids et enfin ressentir jour après jour que le poids n'est peut-être plus, n'est plus, sans trop oser y croire, et puis se dire qu'on peut y croire après tout on a bien cru à chaque coup porté.

C'est savoir sourire quand Eva finit sa part de galette en disant "moi aussi je veux croire que j'ai une fève aussi" alors que cette année la reine c'est vous, et rire aussi quand le lendemain c'est elle qui a le fève et qu'elle vous dit "tiens maman c'est pour toi".

En route vers la surface :))


12:00 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dépression, lâcher prise, surface | | |  Facebook | |

10.11.2007

Ces mots qui font mal

Depuis toujours je suis une éponge à mots et j'ai toujours eu tendance à ne garder en mémoire que les mauvais. Question de caractère peut-être ou d'importance mal accordée. Ils ont émaillé ou plutôt écaillé mon parcours et écaille aprés écaille il est arrivé un jour où comme un bol en faience trop souvent cogné sur le bord de l'évier je me suis retrouvée sans vernis, à vif avec l'eau qui s'infiltre dans l'argile et qui finit par laisser de longues marbrures brunes si propices à la fêlure.

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Mais non seulement je recevais ces mots comme autant de petits coups de pique mais en plus le poison distillé restait enfermé à l'intérieur, prisonnier du vernis qui restait, dans une illusoire intention de préserver vernis,argile et bol entier. Sauf que notre intérieur d'argile, si raide sous le vernis n'est pas extensible et qu'un jour fatal les mots ressortent, en vrac, froissés, un peu moisis d'avoir macérés si longtemps.

Oh je ne vous ferai pas une liste de la longue litanie des mots qui m'ont piquée, déjà parce qu'ils n'avaient de sens que pour moi et dans un certain contexte mais aussi parce que je sais maintenant que j'avais le choix de les entendre autrement et qu'à cette époque si j'ai choisi de les entendre comme des écailles sur mon vernis c'est peut-être aussi parce que mon coeur d'argile se sentait à l'étroit dans sa coquille.

Alors me direz-vous pourquoi cette note ?
Il y a eu dans les échanges de cette semaine un commentaire de Pat qui m'a écrit ceci :"Oui ma petite cocotte, hier soir je pensais que tu aurais bien besoin de te blottir dans quelques mots nouveaux, te loger dans la bonne phrase, trouver les mots qui t’hébergeront pour toujours, vivre à tous les vocabulaires et n’être qu’un buvard assoiffé de vie."
C'est amusant cette image, un buvard assoiffé de vie, c'est amusant car le buvard boit l'encre, l'encre des mots. J'aime bien cette image du buvard, d'abord parce que ça me rappelle mes souvenirs d'enfance, l'école élémentaire où je n'ai que de bons souvenirs et l'envie du travail bien fait, appliqué, avec le buvard comme garant de la maladresse. Et puis le buvard c'était aussi ce support magique sur lequel l'encre du stylo appuyé venait dessiner des fleurs libres au gré de la capilarité.

Et puis il y a eu aussi une nouvelle écaille que je ne pourrai pas vous raconter parce qu'elle a été faite par un sacro-saint client de Bernardo et que là l'interdit n'a d'égal que la bêtise de l'auteur.

Et enfin parce que dans les démarches administratives vers un nouvel avenir professionnel j'ai ressorti certains documents : reconnaissance travailleur handicapé :périmée m....e ! et 4 mois annoncés par la MDPH pour le renouvellement re-m...e ! et puis celui-là :

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et cette phrase : la commission s'est reunie le XX et vous a reconnu un taux d'incapacité de 100%.

Heu 100% d'incapacité c'est bien hein tant mieux ça me donne certains droits mais d'un autre côté ça me dit que j'ai la capacité à 0% .... ça c'est sûr pour l'estime de soi on fait mieux !
Vous vous voyez arriver pour un entretien d'embauche, la fleur au fusil, bonjour m'sieur le patron alors voilà je suis une fille bien, pleine de ressources, bon d'accord je suis un peu ébréchée mais c'est ce qui fait mon charme et mon cachet. A part ça ? heu ben voilà j'ai un taux d'incapacité de 100 % !
Vous imaginez l'employeur qui reçoit ce document ?

Alors oui moi je vais faire le tri dans mon vocabulaire pour éliminer tous les coups que je m'inflige toute seule (je suis crevée, j'en ai plein le dos, je suis naze, j'en ai ras le bol ) me blottir dans des mots nouveaux, des mots dits pas maudits mais il faudrait quand même que la société y mette un peu du sien et arrête de faire la vaisselle à coup de marteau !!

Oui je sais je suis une vieille susceptible :)) et comme cadeau de Noël je vais commander une paire de ...boules quies :)))

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Et vous qu'elle importance accordez-vous aux mots reçus ?

 

13:26 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mots, maux, femme, susceptible, bol, éponge, boules quies | | |  Facebook | |